Gestion de l’eau

16 mai 2010

Approvisionner le refuge en eau potable et assurer le traitement des eaux usées, deux défis à relever par les concepteurs en respectant les prescriptions du programme de l’opération.

  1. Approvisionnement en eau potable.
    Il y a beaucoup d’eau autour du refuge. Elle n’est malheureusement pas dans un état physique directement utilisable, car sous forme de neige et de glace.
    Actuellement, c’est la neige stockée naturellement ou artificiellement (à la pelle manuelle) sur le toit du refuge qui fond sous l’effet du rayonnement solaire qui réchauffe le revêtement métallique du bâtiment. Cette eau est récupérée dans une gouttière et stockée dans un réservoir intérieur au refuge.
    Le programme du projet prévoit de limiter les manutentions destinées à alimenter la zone de fonte de neige. Il prévoit aussi d’assurer une distribution limitée mais réelle d’eau potable aux alpinistes qui souhaiteraient préparer leurs propres repas ou effectuer quelques actions d’hygiène élémentaire.Il prévoit de même l’amélioration des conditions d’hygiène des gardiens par la mise à disposition de ces derniers de lavabos et de cabines de douche.
    Ces deux contraintes (réduction des manutentions et augmentation des consommations) ont conduit le maître d’œuvre à proposer  l’implantation d’un fondoir dans la zone d’accumulation de neige située sous les vents dominants du refuge au cœur de l’arête de neige qui le domine. Ce fondoir est alimenté en énergie thermique par les capteurs solaires thermiques implantés en toiture du bâtiment et par la chaleur récupérée dans l’installation de cogénération. L’eau est stockée sous le fondoir dans un local isolé accessible depuis le bâtiment par un tunnel.
  2. Traitement des eaux usées.
    Les eaux usées ont trois sources, les eaux de cuisine, les eaux provenant des douches et lavabos et les eaux vannes provenant des WC.
    Les WC prévus sont en effet des WC « humides ». Pourquoi un tel choix? Essentiellement pour assurer la bonne organisation spatiale des entités fonctionnelles du refuge, (Tous les systèmes de WC secs constituent des blocs indissociables qu’il est très difficile d’implanter dans des espaces très contraints comme les refuges de haute altitude), ensuite pour assurer un meilleur confort et une meilleure hygiène aux alpinistes qui disposeront de toilettes à tous les étages du bâtiment.
    Ce système va-t’il être consommateur d’eau? Non, car l’eau utilisée dans les chasses d’eau provient de la station de traitement après filtration. Seuls sont rejetés au milieu extérieur les surplus d’eau traitée et filtrée.
    Afin de diminuer le volume d’eau à traiter, le système de toilettes prévu est un système « marine » fonctionnant par aspiration et ne nécessitant que 1,2 l par chasse au lieu de 6 à 7l pour une chasse ordinaire.
    Les boues résiduaires seront descendues deux fois par saison dans la vallée (trois rotations héliportées à chaque fois environ)

    Le schéma fonctionnel de l'unité de traitement

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4 Responses to Gestion de l’eau

  1. berenger on 22 mai 2010 at 20 h 05 min

    les WC secs sont très au point mainteant pourquoi ne pas les utiliser?
    Aller voir au refuge des Vignettes (suisse Valais) 3150 m d’altitude.
    Ce qui est très bien aussi c’est des urinoirs (majorité d’hommes dans les refuges.

    très amicalement
    Lucien BERENGER
    Guide

  2. Michel BORDET on 25 mai 2010 at 10 h 11 min

    Entièrement d’accord avec Lucien Berenger, les toilettes sèches fonctionnent très bien.
    Le schéma présenté ci-dessus ressemble fort à une usine à gaz.
    A-ton tiré les enseignement du nouveau refuge de Tête Rousse (600 m. plus bas) où était prévu un système d’eau courante qui n’a jamais fonctionné?

  3. patrick on 23 juin 2010 at 14 h 42 min

    Le choix de WC humides se justifie pour plusieurs raisons et collabore au système d’assainissement général choisi pour le refuge. D’autre part, la ressource en eau au Gouter est moins un problème qu’à Tete Rousse.
    Il présente l’avantage d’économiser de l’espace par rapport au WC humides, autorise plus de souplesse dans sa répartition dans un refuge de plusieurs étages et donc offre plus de confort pour des alpinistes surtout la nuit.
    Le système d’assainissement central du type « microstation d’épuration autonome » qui collecte toutes les eaux produites dans le refuge (EU et EV) permet une gestion mesurée de la ressource en eau en en recyclant la plus grande partie renvoyée ensuite dans le réseau.(système en boucle). Enfin, les boues résiduelles, moins importantes en quantité et plus faciles à manipuler que les « sacs des WC secs », sont regroupées à un seul endroit pour être évacuées.

  4. jean claude LECLERCQ on 8 mai 2011 at 0 h 06 min

    Dommage pour le choix WC humides mais bon!!!!
    un compteur sur le départ recyclage eau filtrée et un autre sur rejet eau filtrée à votre avis ?????

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