L’organisation fonctionnelle est réussie lorsque toutes les fonctions programmées sont assurées et lorsque les interfaces entre les différentes entités fonctionnelles ne sont pas (ou peu) conflictuelles. Imaginons nous dans les pas et dans la tête d’un alpiniste arrivant au nouveau refuge (il n’est pas interdit de rêver!).
« Depuis le site de l’ancien refuge où ne subsiste que l’ancienne annexe, il y a un jalonnement régulier qui m’emmène tout d’abord sur l’arête neigeuse (tiens? il y a une corde fixe; j’apprendrai plus tard qu’elle est destinée à faciliter et à sécuriser la descente vers le volume recueil que constitue l’ancienne annexe, en cas d’incendie du nouveau bâtiment). Le jalonnement continue jusqu’à la plate-forme naturelle située au Nord du nouveau refuge. L’entrée, située au faîte de l’arête rocheuse semble naturellement déneigée par les vents dominants. Une passerelle court à droite de l’entrée et contourne le bâtiment au dessus du vide de la face Ouest rocheuse de l’Aiguille du Goûter. J’irai probablement y admirer le panorama tout à l’heure. A une dizaine de mètres de l’entrée, sur l’arête, une éolienne tourne sans bruit.
Je pénètre dans un sas qui donne accès à un vestiaire naturellement éclairé où la température est agréable. Des bancs me permettent de m’asseoir pour me déséquiper. J’accroche mon matériel aux patères prévues à cet effet. Le vestiaire est bien ventilé, si’ j’y laisse mes vêtements humides, ils sècheront rapidement. Un panonceau m’indique que je dois emporter mes chaussures de montagne avec moi (à la main!) et les déposer dans le casier ad hoc de la couchette qui me sera attribuée (En cas d’incendie, je dois pouvoir parvenir jusqu’au volume recueil et avoir mes chaussures à portée de main). Au fond du vestiaire, un escalier mène à l’étage supérieur.
Sur le palier intermédiaire, une issue de secours donne sur les passerelles Sud du refuge.
J’arrive à l’étage. L’animation sur ma gauche m’indique où me diriger. Je trouve tout de suite l’accueil à l’entrée de la grand salle commune lumineuse et où, malgré le nombre de personnes présentes, il semble possible de se parler sans élever la voix. Comme j’avais réservé, au lieu de me demander de redescendre en vallée, le gardien m’accueille chaleureusement et m’attribue une couchette. Il m’indique où sont les toilettes (à cet étage et aux étages de dortoirs), la salle des réchauds si je souhaite préparer mes repas. Il m’indique que l’eau est précieuse, et que celle qui est distribuée dans la salle des réchauds et dans les sanitaires doit être utilisée de manière raisonnable.
Je monte dans les étages, trouve mon dortoir, puis ma couchette individuelle avec sa patère et son casier à chaussure. Je me glisse un quart d’heure sous ma couette et je redescend dans la salle commune.
L’ambiance est lumineuse. Les panoramas sur l’Aiguille de BIONNASSAY toute proche, sur les ARAVIS , la vallée de l’ARVE et le CHABLAIS légèrement dans la brume sont extraordinaires. L’ambiance est d’autant plus chaude que le bois est omniprésent dans cette salle: la structure en bois y est apparente, mobilier et revêtements muraux sont en bois. Seul le sol est synthétique.
Malgré le stress de cette course du lendemain, de ce MONT BLANC dont je rêve depuis si longtemps, je crois que demain matin je serai reposé. »


















Pour une fois qu’on demande l’avis des utilisateurs…
1/ A la tête des couchettes, il serait bienvenu d’intaller une étagère pour déposer ses petites affaires pour la nuit. Lunettes, gourde, frontale… enfin tout ce petit peuple des poches dont on ne sait que faire dans certains refuges modernes où cet accessoire pourtant indispensable n’est pas prévu (à quoi pensent les architectes?)
2/ Dans le même ordre d’idée, une patère dans les w-c pour accrocher un vêtement ne serait pas du luxe.
3/ Il serait pas mal aussi d’étudier l’emplacement des néons des escaliers afin qu’on ne prennent pas la lumière en pleine poire chaque fois qu’un (ou une) ouvre la porte pour aller pisser, la nuit.
Merci de tenir compte de ces modestes et peu onéreuses recommandations.
2 recommandations :
- des couchettes d’une taille suffisante pour se reposer (obliger les responsables des aménagements intérieurs à dormir dans un dortoir plein !). Le contre exemple parfait est la taille des couchettes au refuge du Vélan.
- Les dortoirs étant situés au-dessus de la salle commune, il faut une insonorisation efficace pour permettre à l’alpiniste fatigué par sa montée au refuge de se reposer au calme.
l’amenagement a l’air d’etre pas mal, juste une remarque, il y a au niveau 2, 2 toilettes prévu pour 42 personnes en dortoir ( soit 1 toilette pour 21 personnes ), alors qu’au niveau 3 ,il n’y en a qu’1 pour 74 …
Compte tenu de la forme du bâtiment, le niveau supérieur de dortoirs est plus petit en surface que celui situé en dessous. S’il n’y a qu’un WC en haut, c’est parce qu’on ne pouvait pas en mettre plus!
pourquoi une telle forme pour ce refuge? n’est ce pas une perte de place pour l’aménagement interieure?
s’il vous plait pensez au matos des alpinsites dans les dortoirs? ou mettre les sacs? prévoir des emplacements spécifique ou des systemes de suspension, car pas toujours évident de se lever en pleine nuit au milieu d’un labyrinthe de sacs!
en ce qui concerne les WC il faut en mettre plus au second parce qu’il va y avoir environ 74 personnes qui vont allée se coucher en meme tps donc passez au water avant. sans compter les personnes souffrant du mal des montagnes qui risquent de monopoliser les lieux.idem le matin avant le depart. merci
autre chose. ce qu’il serait sympas c’est une terrasse en prolongement de la salle commune pour pouvoir prendre un verre en admirant le paysage.
La forme a pour but de diminuer les efforts sur le bâtiment dus au vent (vent moyen à 240 km/h et rafales à plus de 300 km/h) et de limiter les dépôts de neige autour du refuge.
Les toilettes: les premières études prévoyaient des WC secs (tous au niveau 1). Le changement de technique permet d’avoir des WC à tous les niveaux (sauf 0), mais la place manque au niveau 3 pour en mettre plus d’un.
Pour admirer le paysage depuis la passerelle (qui est au niveau 0 alors que la salle commune est au niveau 1), il faudra sortir par les vestiaires!
Concernant la forme « révolutionnaire » de ce batiment:
c’est des architectes qui touche un pourcentage de l’enveloppe globales et qui peuvent proposer des projets qui ne verrait jamais le jour dans la vallée!
pretexter la forme requise pour diminuer les efforts sur le batiment oui! mais il ne me semble pas que les des anciens soit arondis et se soit envolés!!ils ne sont pourtant pas si récents et les materiaux d’époques
ces formes sont des surcouts et des sources d’ennuis énormes!construction aassemblage ammenagement et les fuites viellissement du batiment!
le seul avantage peut etre la diminution d’accummulation de neige
on sait que les conditions en montagne peuvent etre extreme pourquoi ne pas faire des chose simple ?Pourquoi toujours tenter des nouveaux procédés pour ces refuges!
Pourquoi s’obstine-t-on en France a construire des salles hors sacs? et plus particulierment au refuge du Gouter ou cet endroit sera a coup sur « squatté » par les « alpinistes » n’ayant pas de réservation et qui abandonneront leur poubelles dès leur départ .
a part ca c’est une bonne chose de voir construire ce nouveau batiment!!
Merci d’avoir créé cet excellent site : fort complet, à la fois technique et didactique. C’est intéressant aussi pour les gens de la vallée, dont je suis, de voir d’où viennent les financements. Très bonne idée les commentaires des alpinistes et des gardiens, j’espère qu’ils seront pris en compte. Concernant la couchage… je suis la maman – et enthousiaste supporter du travail acrobatique en TP – d’un des jeunes hommes qui travaillent sur le chantier pour préparer l’ancrage de la plate-forme…après leurs journées de boulot à 3 800m, il dorment à 4 dans un local sans fenêtre, d’environ 4m carrés, si j’ai bien compris, et ne se plaignent même pas, heureux qu’ils sont de participer à cette entreprise… mais ils sont réveillés par vous autres, les alpinistes, qui partez à 2h00 du mat pour faire le Mont-Blanc…ayez le pied léger pendant les travaux de construction messieurs et mesdames les alpinistes…y’en a qui bossent pour améliorer votre confort et sécurité … et merci aux gardiens d’accueillir ces travailleurs!
Merci pour ce site de dialogue et d’échange sur un beau projet que nous finançons tous (par nos impôts et cotisations) et dont la plupart des gens venant sur le site auront la joie d’utiliser.
Le projet me plait bien en général et je suis d’accord avec les remarques faites.
Je suis un peu choqué par la remarque sur la salle hors sac : heureusement qu’en France on laisse la possibilité aux alpinistes de se faire à manger soi même !!!! Ce n’est pas parce qu’on a pas les moyens de payer la demi pension qu’on est pour autant irrespectueux des lieux, non mais sans blague ! Moi je suis contre les refuge de luxe et excessivement chers comme certains mais pour les refuges accessibles à tous les budgets; simples et fonctionnels.
Dommage qu’on ne conserve pas l’ancien refuge pour le hors sac, je me sentirais mieux avec des montagnards partant de Bionnassay à pied et en autonomie alimentaire qu’avec des touristes débarqués du train et qui se plaignent qu’il n’y a pas de douche….
Ne polémiquons pas ici, mon email est expe.manaslu@gmail.com
Nous avons entendu que ce refuge représentait un budget de 6 M€ alors que des refuges dans le massif des Ecrins sont dans un état pour en citer que les plus connus :
L’aigle on mange ou l’on dort !!!!
La Pilatte ça fissure dans tous les sens !!!
Les Ecrins une grotte !!!!
Le pavés , en tôle chantier !!!!
Et oui , c’est comme ça ,les Ecrins se n’est le MONT BLANC ,vous comprenez le Mont Blanc , c’est…… c’est comment dire………… le centre de l’alpinisme de FRANCE .Alors , dis moi ou tu loges ( en refuge ) et je te dirais qui tu es …….
Quelques réponses sur les refuges du massif des Écrins:
-Le projet de reconstruction du refuge de l’Aigle a été stoppé par les actions en justice administrative d’une association qui ont obtenu l’annulation du permis de démolir l’ancien refuge (où l’on mange où l’on dort). La FFCAM poursuit son action pour reconstruire ce refuge.
-Le refuge de la Pilatte est partiellement situé sur un compartiment rocheux de plusieurs centaine de milliers de mètre cubes qui se déplace à la suite du retrait du glacier, ce qui entraîne la fissuration du bâtiment, et entrainera peut être à terme sa ruine. Le problème est très ardu.
-Le refuge des Écrins n’est pas une grotte! Il est même très agréable et son gardien aussi! Il mérite quelques aménagements, notamment au niveau de l’alimentation du bâtiment en eau au printemps (période de ski);
-Le refuge du Pavé est constitué des baraquements de chantier installés lors de la construction d’un nouveau bâtiment, lequel a été emporté par une avalanche lors de la construction. La FFCAM n’a pas de projet sur ce site exposé.
Pour refuge de l’Aigle où l’on mange où l’on dort ‘ Heureusement!!!!
Pour le refuge de la Pilatte est partiellement situé sur ……. Ok .On l’avait tous deviné !!!! il ne se fissure pas comme ça !!!!!!!Mais qu’est ce que l’on va faire et pas dans 50 ans !!!!!
Pour refuge des Écrins n’est pas une grotte .Tiens tiens , coté partie basse , il fait toujours froid même en période chaude .Quand au gardien ‘Laurent ‘ bien sûr qu’il est sympa .Mais je ne parlais pas du gardien …..
Pour le refuge du Pavé bien sûr on connaît tous l’histoire . Mais que fait-on en attendant ?La nouvelle gardienne elle aussi sympa mais ça fait avancer ……de faire que des constats …..
Les constats tout le monde peut le faire , mais ce qui compte se sont les actions .Moi , ce que je vois à toutes les saisons et depuis 30 ans , donc tu vois je ne suis pas un bleu , c’est que les refuges des Ecrins ce n’est pas les refuges du Mont Blanc .
Voilà tout et tu peux dire , que le gardien est sympa ( ils sont tous sympa en général ) que le refuge est au bord du moraine et encore que le ciel va nous tomber sur la tête !!!!! mais les refuges des Ecrins ne sont pas au même niveau de confort tant pour les clients que pour les gardiens .
C’est scandaleux point barre .
Bonsoir Pierre,
Les conditions actuelles de confort des alpinistes et de travail des gardiens au refuge du GOUTER, sont pires que celles des refuges que tu cites.
En prenant tes critères de choix, il est normal de reconstruire le GOUTER en priorité!
Bonjour,
Je suis étonné qu’il n’y ait qu’une seule toilette au niveau 3 et pour 74 personnes.
Et encore plus par votre réponse «il n’y a pas assez de place pour en mettre deux».
Est-ce que différentes solutions ont été envisagées pour éviter cet inconvénient ?
Par exemple:
1 Repositionner l’espace gardien au niveau 3.
⇒ 1 toilette, 1 urinoir et 1 lavabo pour 46 personnes.
2 Utiliser une partie du palier au niveau 3.
Comme il n’y a q’une seule volée d’escaliers arrivant du niveau 2.
L’idée serait de déplacer la cloison de la toilette sur le palier et d’avancer la porte du couloir au même niveau.
Ainsi on disposerait deux toilettes adossées à la structure, côté nord-ouest.
⇒ 2 toilettes, 1 urinoir et 1 lavabo pour 74 personnes.
En options:
3 Urinoir en plus
Pivotement de la cloison entre les toilettes et le dortoir 3 (perpendiculaire à la section n°28)
Ainsi on disposerait deux urinoirs adossés à la cloison du dortoir 3.
⇒ 2 toilettes, 2 urinoirs et 1 lavabo pour 74 personnes.
⇒ Dortoir 3, toujours pour 4 personnes, juste un peu plus petit.
4 Lavabo double
Avec la place dégager (voir de 2 et 3)
⇒ 2 toilettes, 2 urinoirs et 2 lavabos pour 74 personnes.
Suggestions faites suite à une simulation réalisée à partir des plans en ligne.
5 Porte de toilettes
Changer le sens d’ouverture des portes pour les niveaux 2 et 3.
⇒ Possibilité de gagner encore un peu de place.
Remarque:
6 Cloison salle commune/toilettes niveau 1
Il n’est jamais très agréable de manger en face des toilettes.
Ajouter une cloison amovible ou coulissante.
⇒ Moins de désagrément pour les convives.
7 Fenêtres
«Sas donnant accès à un vestiaire naturellement éclairé».
Il n’y a que deux lucarnes pour le vestiaire et le séchoir !
Pourquoi les fenêtres sont-elles plus petites au niveau 3 ?
⇒ Peu de lumière naturelle, plus de consommation électrique.
Bonne idée du CAF d’avoir fait ce site, intéressant et participatif.
En espérant avoir étais suffisamment explicite (pas facile sans dessin),
et que vous tiendrez compte des différentes remarques.
Très beau refuge. Vivement juin 2012 !
Nous pouvons penser, à juste titre, que les toilettes sont étrangement réparties. Il faut savoir qu’à l’origine du projet, il n’était prévu aucun toilette dans les étages des dortoirs.
Je crois que, malgré vos remarques, les plans resteront ainsi.
Dans la catégorie des petits détails d’aménagement qui changent tout, je cite :
- des couchettes suffisamment longues. Les gens ont grandi, il est fréquent de rencontrer des gaillards de 1,90m en montagne. Quelle peine de ne pouvoir s’allonger de tout son long pour un sommeil court mais réparateur.
- une patère minimum par couchette et suffisamment solide pour être inamovible. Les affaires posées par terre sont encombrantes, dangereuses et ne sèchent pas.
- une tablette près de la couchette pour vider ses poches : frontale, médocs, montre, bouchons d’oreille, etc. y trouveront leur place.
- une forte aération silencieuse des dortoirs. Un dortoir plein dort toujours bien mieux avec la fenêtre grande ouverte. Qu’en sera-t-il dans ce nouveau refuge ?
- des rangements dans la salle de restauration qui est l’unique salle de séjour et donc lieu de vie où seront déposés bouquins, topos, jeux qui ne devront pas se mélanger aux affaires des alpinistes de passage ni à la nourriture.
- attention aux bois collés et laqués avec des produits irritants voir allergènes et aux couettes constituées de remplissage traité avec des produits aux mêmes effets (antibactériens, solvants, retardateurs d’incendie, colles, etc.).
Merci pour ce site et ce nouveau refuge. En espérant qu’il en sera de même pour le nouveau refuge de l’Aigle !